Exosquelette : démarche d’intégration

Dans la démarche de lutte contre les troubles musculosquelettiques (TMS), les exosquelettes semblent être une solution technologique prometteuse suscitant un engouement croissant au sein des collectivités. Il est crucial d’évaluer leur usage, les risques associés ainsi qu’une démarche d’intégration.

L'essentiel
      • Il existe plusieurs types d’exosquelettes
      • Ils peuvent être utiles pour réduire les contraintes physiques
      • Ils présentent néanmoins des risques devant être évalués
      • Une démarche d’intégration en 4 phases doit être respectée.
Présentation

Définition de l’institut nationale de recherche et de sécurité (INRS) : L’exosquelette est un système mécanique ou textile revêtu par le salarié, visant à lui apporter une assistance physique dans l’exécution d’une tâche, qui selon les contraintes et l’environnement de travail, permet notamment une compensation de ses efforts par une augmentation de ses capacités motrices.Il est possible de distinguer différents types d’exosquelettes, dont les suivants :

 

Les Robots d’Assistance Physiques Avec Contention (RAPac) dits « actifs »

Ces équipements nécessitent une source d’énergie, telle une batterie, pour alimenter les moteurs qui assistent l’utilisateur dans ses mouvements, permettant pour certains une augmentation de la force et de la stabilité.

Les Dispositifs d’Assistance Physiques Avec Contention (DAPac) dits « passifs »

Ces mécanismes sont des équipements de récupération et de restitution de l’énergie mécanique reposant sur des dispositifs élastiques tels que des ressorts, des élastiques, des matériaux souples ou encore des structures composites comme les fibres de carbone.

 

Les exosquelettes sont des assistances aux efforts ciblés par articulation. Il en existe pour :

  • Le rachis (lombaire, thoracique, cervical)
  • Les membres supérieurs (épaules, coudes, poignets, mains, doigts)
  • Les membres inférieurs (genoux, chevilles)

Ainsi, les exosquelettes représentent une opportunité pour réduire les contraintes musculaires au travail, en offrant une assistance physique aux agents, prévenant ainsi les TMS et aidant les travailleurs présentant une difficulté physique. 

Facteurs de risque

En revanche, ces dispositifs peuvent entraîner de nouveaux risques pour la santé en créant des contraintes sur d’autres parties du corps, affectant la motricité, la stabilité des articulations et la cinématique (INRS, 2018). L’exosquelette ne constitue en aucun cas une solution exhaustive et universelle aux problèmes de TMS.

Il a été observé que les exosquelettes peuvent introduire des risques professionnels supplémentaires par rapport aux situations de travail initiales, notamment :

  • Risques mécaniques : collisions, écrasement, lésions articulaires, frottement, abrasions, coincement, cisaillement, etc.

  • Risques liés à la charge mentale : perte de contrôle et d’autonomie, augmentation des exigences attentionnelles, incidence sur l’expertise de l’agent, acceptation sociale et collective, dépendance, etc.

  • Risques liés à la manutention : charge physique accrue, désadaptation musculaire, fonte musculaire, sur sollicitation localisée déplacements des contraintes, augmentation du port de charge, etc.

Les exosquelettes peuvent accentuer des risques déjà existants c’est pourquoi, l’ensemble de ces risques doivent être évalués et intégrés dans toute démarche d’acquisition d’un exosquelette, selon la logique des principes généraux de prévention des risques. 

Avant d’envisager que des agents soient équipés d’exosquelettes, il est primordial de privilégier en amont la mise en place de mesures techniques, organisationnelles et collectives visant à optimiser la conception des postes et des lieux de travail.

Le médecin du travail, acteur clé de la prévention des risques professionnels, doit être associé à cette démarche afin de garantir une approche adaptée aux besoins réels des agents et conforme aux principes de santé au travail.

  • Donne un avis médical sur la compatibilité du port de l’exosquelette avec l’état de santé individuel de l’agent.
  • Peut émettre des recommandations sur les conditions d’utilisation (durée, types de tâches, ajustements…).
  • Contribue à l’évaluation des risques liés à l’introduction de l’exosquelette dans l’environnement de travail.

L’exosquelette ne doit être envisagé qu’en complément des autres mesures de prévention.

Il s’agit d’une solution de dernier recours, à utiliser uniquement lorsque les actions collectives, l’ergonomie des postes et les aménagements ne permettent pas de réduire suffisamment les contraintes physiques.

Lorsqu’ils sont correctement choisis, ajustés et utilisés, les exosquelettes peuvent améliorer la sécurité, le confort et la qualité du travail, tout en valorisant l’engagement de la collectivité envers la santé et le bien-être de ses agents. Leur intégration doit se faire progressivement, avec formation, suivi et concertation des agents, pour garantir une adoption efficace et sécurisée.

L’exosquelette est donc un complément aux bonnes pratiques, et non une solution de substitution aux mesures de prévention traditionnelles.

Démarche d'intégration

L’intégration d’exosquelettes au sein d’une organisation de travail doit suivre une démarche structurée, similaire à toute démarche de prévention en santé au travail. L’objectif est d’assurer l’efficacité, la sécurité et l’acceptabilité par les agents. Voici les étapes clés présentées ci-après.

La norme française NF X35-800 précise les différentes étapes à suivre pour intégrer un exosquelette, de manière à en assurer la sécurité et l’efficacité d’usage. Elle s’articule autour de quatre phases principales, (expression des besoins, la sélections, l’évaluation, le déploiement) au cours desquelles il est recommandé de mettre en place des cycles itératif :

Expression des besoins

  • Evaluation des activités existantes (tâches, contraintes, accidentologie, TMS)
  • Identification des attendus par aux besoins d’assistances physiques
  • Définition de l’activité future probable
  • Rédaction d’un cahier des charges

Sélection 

  • Identifier un ou plusieurs modèles d’exosquelette
  • Comparer selon les critères (zones assistées, poids, facilité d’entretien)
  • Compatibilité avec les outils et EPI

Évaluation

  • Utilité (réduction des contraintes physique ciblées, productivité, qualité, adaptabilité aux tâches de l’activité)
  • Utilisabilité (familiarisation à l’usage, réglage, adaptation morphologique, utilisation, maintenance, flexibilité dans l’usage, apprentissage, compatibilité avec l’ambiance physique de travail, compatibilité avec les équipements de protection individuelles et les outils, compatibilité avec l’environnement)
  • Impact (apports et sollicitations sur l’utilisateur, collectif de travail, environnement)
  • Sécurité (risques sur l’utilisateur, risques sur l’environnement)

ITÉRATION 🔄️

Déploiement 

  • Etape 1 : Expérimentation en situation pilote (utilisateurs volontaires, formation et information au réglage et à l’utilisation, test sur site en conditions réelles, collecte des retours objectifs et subjectifs, ajustements éventuels)
  • Etape 2 : Généralisation au sein de la collectivité (déploiement progressif, suivi rapproché lors des premières semaines, mise à disposition des supports de maintenance et de réglage)
  • Etape 3 : Suivi de l’utilisation (suivi des indicateurs de santé, suivi de la performance, de la qualité, recueil régulier du ressenti des utilisateurs

 

 

Fiche prévention - la démarche d'intégration des exosquelettes

Télécharger la fiche prévention au format PDF

Le CDG 76 vous accompagne 

Les ergonomes du service Prévention des Risques Professionnels du Centre de Gestion de la Fonction Publique Territoriale de Seine-Maritime se tiennent à la disposition des collectivités pour les accompagner dans leur démarche d’intégration d’exosquelettes au sein de leurs services.   

Références juridiques
  • Article L 812-1 du Code général de la fonction publique
  • Article L.4121-2 du Code du travail, sur le fondement des principes généraux de prévention
  • Article L.4141-2 Du Code du travail, sur la formation pratique et appropriée à la sécurité
  • Décret n°85-603 du 10 juin 1985, relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale
rapport social unique 2023

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